The Philosophy in the Boudoir

A music theatre piece,
with the Neue Vocal Solisten Stuttgart

this is a short description in french...





La situation scénique de départ est la rencontre autour d´une table de six personnes, situation qui pourrait etre celle d´un anniversaire formel, une fete de bureau, un club quelconque.
Cette action utilise quelques gestes quotidiens, tels que boire, s´adresser à quelqu´un, lever un papier, une bouteille. Puis, elle les détourne. L´action est entièrement notée : se lever, serrer la main, regarder à gauche ou droite, etc. Cette action obéit toujours à une logique musicale, c´est à dire  des séquences de développements, avec l´introduction de nouveaux éléments, etc.











La dissociation de ces gestes et de leur fonction entraine de l´absurde, éventuellement du comique. Le comportement qui en découle devient mécanique, ou  lyrique, ou animalier. 

L´idée générale est qu´il y n y a pas de correspondance entre le texte et la musique ou l´action scénique a priori. Cette relation s´est définie pendant la conception des trois livrets, qui s´est faite après la composition musicale. Les livrets sont, du reste, optionnels, car ils ne sont destinés qu´à etre projetés sous forme de surtitrage.
L´action est donc abstraite de tout contexte, de tout texte. C´est du mime.
La dramaturgie aussi tourne à vide, si ce n´est le sens qu on peut lui donner a posteriori.
On pourrait donc dire qu il y a quatre dramaturgies: trois livrets, et une action musicale et scénique.

















L´intrigue est triple,  et il y a trois surtitrages parallèles.

1- La philosophie dans le boudoir, de Sade, ou plutot la fin du texte. La soprano est la mère d´Eugénie qui vient squver sa fille (de gré ou de force) de la dépravation et de la débauche commise avec et par les autres, qui sont des libertins anarchistes.






2- Sur la scène “bizness”, c´est l´intronisation  ou au moins un entretien d´embauche pour une femme (toujours la soprano) dans une grande entreprise, entretien qui va virer au chantage. 








3- Sur la troisième scène, il s´agit d´un extrait du jugement d´Ulrike Meinhof en 1975-76, (incarnée par Johanna Zimmer), pendant lequel a été émise l´idée de lui faire subir une opération du cerveau.









Aucun de ces textes n´est de moi, pour Sade il s´agit d´une couture d´extraits du texte original, plus un ajout extrait des 120 journées de Sodome.

Pour la scène “bizness” il s´agit d´une compilation de déclarations de CEOs, patrons, directeurs commerciaux, etc.

Pour le procès Meinhof, c´est une compilation des minutes du procès, des extraits de lettres de Meinhof, des déclarations officielles à la presse.

Dans les trois cas, je n´ai fait qu´ajouter quelques mots outils ou répliques qui forment des transitions ou des liens, mais rien qui ne soit substantiel.

Je n´ai rien inventé, je n´ai fait que prélever, coller. Ce point est très important, parce qu´il s´agit d´un contrat avec le spectateur : tout ce qu il entend est vrai, a été dit, et/ou fait, et dans le cas de Sade, c´est un emprunt à l´œuvre littéraire.






Je n´ai pas besoin de m´étendre sur ce qui relie et différencie les trois livrets (oppression, relation au pouvoir, violence d´un groupe sur un individu, en particulier une femme, destruction idéologique, etc.).
Je mentionnerai juste que je n ai pas cherché le contraste entre les trois, pour provoquer des scènes qui feraient rire d un coté et peur d´un autre, par exemple.
Je dirais simplement que quelqu´un qui assisterait aux trois versions en déduirait une vision plutôt pessimiste des rapports de pouvoir, qu´ils soient déclarés ou latents.




Francois Sarhan